Premiers pas sur la voie du zéro-déchet et du minimalisme… et des économies

Je lis beaucoup de questions sur les groupes et les forums, mais la principale reste « Par ou commencer? »

Voici donc un petit article sur nos premiers pas sur ce chemin passionnant 🙂 Pour nous, le lien entre minimalisme, zéro-déchet et mieux-consommer a été évident dès le départ parce que les 3 sont tellement interconnectés, que l’un a entraîné l’autre de façon inévitable…

Je pense que la première chose à faire est de s’interroger sur ses motivations. Pour nous, le déclic a été ma première grossesse, il y a environ 2 ans et demi. Avant cela nous étions une famille de consommateurs lambda: café en capsule, pot de choco industriel, parfois des plats préparés, du Monsieur Propre, du Cif, de l’Instanet et du Carolin pour l’entretien de l’appartement, des sacs plastiques, des bains avec de la mousse, du vernis à ongle et des shampoings Pantene… Bref, Monsieur et Madame Tout le monde, consommateurs-acheteurs au supermarché, ou nous faisions l’intégralité de nos courses. Notre sac poubelle faisait 60l par semaine, parfois plus, plus bien sur le verre, les cartons et les PMC.

Notre sage-femme de l’époque étant très extrémiste, nous avons eu droit à un discours plus qu’alarmant sur les produits que nous employions au quotidien et sur les polluants intérieurs… Nous avons d’abord pris conscience des polluants qui nous entouraient dans les produits d’entretien, dans notre nourriture, dans nos produits cosmétiques… La, a eu lieu notre premier gros tri: les armoires de la salle de bain et l’armoire sous l’évier se sont vidées pour laisser place aux basiques: savon de Marseille, vinaigre et bicarbonate de soude. C’est la aussi que nous avons réalisé que Pampers, Mustela et Galenco ne feraient pas partie de l’éducation de notre enfant, pas plus que les laits en poudre ou les petits pots de panade industrielle… Et que naturellement, nous avons commencé à nous documenter et à chercher des solutions plus rationnelles.

Une fois que la machine est lancée, c’est difficile de l’arrêter. On s’aperçoit que beaucoup de choses sont nocives ou en tout cas pas très saines… les petits changements se succèdent et finissent par faire boule de neige 🙂 Dans tous les cas, il est important de se souvenir que Rome ne s’est pas construite en un jour, mais qu’une ville n’est jamais achevée non plus…

Quoiqu’il en soit, une chose me parait vraiment importante: faire les choses pour soi et comprendre le pourquoi. Ne pas le faire parce qu’on vous a dit que c’était bien ou par effet de mode, et encore moins pour faire plaisir à quelqu’un. Il est important de comprendre pourquoi on cherche à entrer dans cette démarche, de réaliser l’impact que cela aura sur notre vie et sur celle de nos proches.

Car il ne faut pas se leurrer! Ce choix de vie va inévitablement avoir un impact sur votre vie sociale et familiale. Il vous faudra accepter que dans votre foyer, tout le monde ne soit pas prêt à vous suivre, accepter que certains ne comprendront jamais votre démarche, même si vous leur expliquez… Et accepter que certains ne respecteront pas nécessairement vos nouvelles valeurs, et continueront à vous offrir des tas de brols inutiles ou suremballés. Il vous arrivera aussi sûrement de vous interroger sur ce que vous mangez lors d’un souper de famille ou de vous sentir mal à l’aise dans un resto parce qu’ils ne proposent que des produits Coca-Cola avec paille et gobelet en plastique… et de vous sentir exaspéré par l’inconscience de certains qui changent de machine à café juste parce que l’ancienne – qui a 1 an – ne va pas avec la couleur de la nouvelle cuisine…

Les bases du minimalisme

A mon sens, il faut trier petit à petit, et non comme Marie Kondo le suggère, tout rassembler pour trier en une fois. D’abord, ca met un bazar phénoménal, ensuite, c’est décourageant car ça fait trop en une fois. Puis je trouve que c’est difficile de trier les vêtements d’été en plein hiver et inversement.

Commencer par de petites choses, des petites surfaces, des petites armoires aide aussi beaucoup car on a rapidement la sensation d’accomplissement et de satisfaction. Personnellement, j’aime trier, ranger et nettoyer en une fois. Donc je travaille par pièce et dans chaque pièce, je procède par armoire.

Ne triez pas les affaires des autres, même si c’est très tentant. Cela doit venir d’eux. Et bien souvent, quand vous vous y mettrez, le reste du foyer suivra.

Les trucs à éviter absolument:

– se dire que ça pourra toujours servir
– garder parce que c’est un cadeau
– garder parce qu’on s’y sent obligé
– trier votre garde robe alors que vous êtes enceinte / en plein régime  ou que vous vous trouvez moche…
– se fixer des objectifs insurmontables (genre trier tout en une semaine)
– désencombrer quand vous êtes en colère

Les seules choses a garder sont celles que vous aimez vraiment et celles qui vous sont utiles au quotidien. Donc votre super appareil à pierrade qui encombre à lui seul une étagère entière pour être sorti une fois l’an (et encore), ça n’a pas beaucoup de sens de le garder. Ce genre d’appareil s’emprunte ou se loue aisément et le votre pourra probablement être revendu à une personne qui mangerait de la pierrade chaque semaine. Et vous récupérerez cette place pour autre chose qui vous plaira plus ^^

Personnellement, je fais les choses anarchiquement, au fur et à mesure de mes envies et de ce qui se présente. J’avais une énorme collection de mangas qui prenaient la poussière, et en réaménageant la bibliothèque, j’ai fait le tri pour ne garder que ceux qui m’ont vraiment plu et que je pourrais envisager de relire volontiers. De même, j’ai évacué mon impressionnante collection de photophores pour n’en garder que quelques uns, cadeaux qui m’évoquent un beau souvenir ou ceux dont l’esthétique me plaît vraiment. Aussi, je trie ponctuellement mes fringues, souvent parce que je vois un truc qui traîne dans ma garde-robe et que je me dit que ça ne me plaît plus ou que je ne le mets jamais. Et il n’est pas rare, en rangeant un ustensile de cuisine que je réalise qu’un truc m’encombre inutilement et que je le relègue dans une caisse « à vendre » ou « à donner ».

Je suis donc assez loin de la stratégie ultra-organisée de Marie Kondo, et j’avoue que ça avance beaucoup plus lentement. Mais ma méthode à l’avantage de suivre mon rythme, mes disponibilités et mes envies. Je ne me force jamais à désencombrer.

Acheter quand on est dans une démarche minimaliste

Au final, le plus gros impact du minimalisme en ce qui nous concerne, intervient dans notre façon de consommer et d’acheter. Déjà les séances « shopping » ne font plus partie de notre vie… C’est le meilleur moyen d’acheter compulsivement des tas de trucs dont on a pas besoin.

Et lorsque nous nous apprêtons à acheter quelque chose, nous nous interrogeons sur l’utilité de la chose, sur sa qualité… En fait, avant tout achat, les questions suivantes s’imposent:

  • Est-ce que j’en ai vraiment besoin?
  • Est ce que cet objet me plaît vraiment ou est ce que je peux en trouver un qui me plaira mieux tout en répondant à mon besoin?
  • Si c’est un objet que j’emploie ponctuellement, est ce que je ne peux pas emprunter ou louer cet objet plutôt que de l’acheter?
  • En ai-je besoin maintenant?
  • Puis-je me permettre cet achat?
  • Ai-je de la place pour ranger cet objet?
  • Est ce que cet objet est de qualité suffisante et va durer dans le temps?
  • Est-ce que je ne peux pas remplacer cet objet par un autre que j’ai déjà?

Si la réponse à une de ces questions est non, alors je diffère mon achat de façon à pouvoir y réfléchir.

Puis viennent les questions plus morales sur l’objet, dépendant de vos valeurs et convictions personnelles:

  • Est ce que cet objet est écologique ou puis-je trouver un produit équivalent qui le soit?
  • Est ce que cet objet est éthique ou puis je trouver un produit équivalent qui le soit?

Une fois qu’on commence à s’interroger ainsi, on s’aperçoit que beaucoup de nos achats sont évitables ou carrément inutiles. D’une part, ça vous fera faire de belles économies et d’autre part, ça vous évitera d’encombrer votre intérieur inutilement. Vous achèterez probablement aussi des objets de meilleure qualité, faits pour durer dans le temps 🙂 Ou encore, vous vous tournerez vers des alternatives telles que les bibliothèques publiques, les ludothèques, les ressourceries, les donneries, les locations et les SEL (Service échanges locaux)

De la, le lien avec le Zéro-Déchet et l’écologie, évidemment. Quand on achète des objets faits pour durer, qu’on loue ou qu’on recycle, c’est aussi tout bénef pour notre planète 🙂

Les bases du zéro-déchet

A l’origine, il y a eu les produits d’entretien et d’hygiène: un produit pour la baignoire, un autre pour les wc, un détartrant, un spécial inox pour l’évier, le produit pour les meubles, celui pour le carrelage, celui pour le sol, les différents produits de lessive… Les vernis, les crèmes, les shampoings, après-shampoing, masques, gel douche, bain moussant… Et autant de flacons qui faisaient grossir notre poubelle de façon exponentielle. Le jour ou on a fait un tri dans tous ces produits et ou on s’est rendus compte que 5 produits suffisaient a remplacer tous ceux la, ça a été le plus gros pas pour réduire nos déchets… Et surtout notre budget!

Puis, il y a eu les mouchoirs en papier, les cotons-tiges, les cotons démaquillants, puis les serviettes de table, l’essuie-tout, les couches et les lingettes… Tous remplacés par du lavable.

En commençant à aller à la ruche qui dit oui, j’ai commencé à prévoir mes sacs et mes contenants, d’abord parce qu’on me le demandait, puis parce que j’ai pris le pli. J’ai cousu des sacs en tissu pour mes fruits et mes légumes, histoire d’éviter le plastique, j’ai pris l’habitude d’emmener des bouteilles en verre pour le lait de ferme et des tupperwares pour les fromages, la viande etc. Notre poubelle à encore fondu…

sacs vrac

Restait les déchets alimentaires, la litière du chat en bois compostable, les pluches du sèche-linge et quelques emballages. La commune ou nous vivions a lancé un projet pilote de sacs poubelle pour les déchets compostables et nous nous sommes portés volontaires pour participer. le sac de 60l tenait un mois au lieu d’une semaine… Et nous avions un peu moins de 25l de déchets compostables, litière incluse. En emménageant à la campagne, dans une maison avec jardin, nous avons initié notre premier compost et le chat, ravi de pouvoir gambader à nouveau, a quasi oublié l’existence même de sa litière.

Puis les poules sont arrivées, se faisant un plaisir de manger les reste de fruits, de légumes, de purée… De même, le lapin et le cobaye qui grignotent les épluchures avec voracité…

Et finalement, nous avons commencé à évincer progressivement le supermarché de nos habitudes. Nous y allons encore une fois par mois environ pour les produits que nous ne trouvons pas ailleurs, comme le sucre, le vinaigre, le cacao… Le reste des courses, se fait à la ferme, chez le boucher, chez le fromager, au moulin ou au marché. Nous y trouvons l’essentiel des produits frais (fruits, légumes, fromage, lait, beurre, viande, poisson…), ainsi que quelques produits artisanaux (farine, miel… ), le tout généralement local, bio et de saison  mais aussi des produits plus exotiques, comme le café, les olives, les fruits secs, les épices, le thé… Tout ou presque peut s’acheter en vrac et certains commerçants offrent même une réduction si on apporte nos contenants ou qu’on leur ramène les leurs.

Reste les féculents que nous achetons soit au magasin bio, si possible en vrac (ou a défaut nous privilégions les emballages en carton recyclable), soit en supermarché. Pour les surgelés et les conserves, nous privilégions le fait maison quand possible. Par exemple, à la saison des tomates, j’achète 10 ou 12 kilos de tomates que je prépare et que je mets en bocaux puis que je stérilise. Hors saison, j’achète de grosses conserves de tomates pelées et je prépare 5 kilos de sauce que je conditionne en petits bocaux. Résultats, 2 boites de conserve a jeter au lieu de 12… et de très grosses économies. Quant aux bocaux, je les récupère auprès de mon entourage 🙂

De même, nos yaourts, le pain, les biscuits, les pâtes à pizza ou à quiche sont faits maison la plupart du temps. A l’heure actuelle, avec les robots pétrisseurs et les fours programmables, faire soi-même devient un jeu d’enfant et ne prends pas tellement de temps.

Enfin, gros poste de déchets pour la plupart des ménages, le gaspillage alimentaire. On estime qu’en Europe, on gaspille environ 80kg de nourriture par an et par habitant. Un gros point donc, est de calculer les justes quantités, et au besoin de valoriser les restes. Par exemple, s’il vous reste des pommes de terre ou un reste de légumes, faites en une salade ou une soupe. Du pain sec? Chapelure, pain perdu, bodding… Si vous achetez de trop grandes quantités, congelez ou mettez en conserve maison 🙂

Quant aux produits ménager et hygiène, je fais  aussi quasi tout maison à partir de savon de Marseille, de savon noir, de vinaigre, de bicarbonate de soude, de cristaux de soude, de percarbonate de soude, de sel, d’huile d’olive, d’eau de chaux et d’argiles. Quelques huiles essentielles comme le tea-tree, la lavande ou le citron égayent mes produits mais ce n’est pas du tout indispensable. Voir mes recette dans les articles Mes petites recettes pour la maison – La lessive et Mes petites recettes pour la maison

Et pour finir, un point qui tombe sous le sens: réparez ce qui peut l’être: reprisez les vêtements, faites entretenir vos électros, réparez les objets usuels… Et si vous devez vraiment remplacer un objet, préférez un objet plus cher mais de meilleure qualité qui tiendra plus longtemps. Si la réparation est impossible, avant de jeter, voyez si vous ou un tiers ne pouvez pas revaloriser ou recycler l’objet (par exemple faire des nouveaux vêtements a partir d’anciens, certains artistes récoltent de vieux couverts, de vieux vélos etc) Et pensez aux ressourceries et aux donneries 😉

Résultat: un sac PMC (bouteilles en plastique,conserves et cartons tetra-pack) par mois environ et un sac de 30l de déchet tous les 15 jours. Nous sommes encore loin du Zéro-déchet, mais on en approche doucement 🙂

Nos prochaines étapes consistent a faire nous même les laits végétaux et les jus de fruits, mais cela requiert d’investir dans un robot ménager plus complet…

Y’a pas qu’à la maison!

Zéro-déchets chez soi, c’est bien! Zéro déchet tout court, c’est mieux ^^

Il y a plein de petits gestes qui peuvent économiser des déchets et des émissions en tout genre. Par exemple, pensez à nettoyer votre boite mail, à favoriser les motricités douces (vélo, marche, transport en commun) et les énergies renouvelables. Achetez en occasion, ou louez ce qui peut l’être. Achetez les produits démarqués pour cause de date de consommation courte ou les fruits un peu plus abîmés pour vos compotes et confitures…. Faites des échanges avec vos amis et votre famille, ou via des groupes: échange de maison pour les vacances, échange de fringues ou d’accessoires de mode (sacs, écharpes etc)…

Initier le pas au boulot aussi! Triez vos déchets au bureau, emmenez votre pic-nic plutôt que d’aller chercher un sandwich, prenez votre tasse fétiche plutôt que les horribles petits gobelets en plastique pour la machine à café…

En bref…

  1. Privilégiez le lavable (coton démaquillants, essuie-tout, lingettes, mouchoirs, serviettes, protections menstruelles, couches…) et le réutilisable / rechargeable (vaisselle, briquets, piles, bouteilles, bocaux…)
  2. Achetez un maximum en vrac, ou à défaut favorisez les emballages recyclables, consignés ou réutilisables. Évidemment bannissez les produits en emballages individuels ou en dosettes et favorisez les grands conditionnements pour les produits de base, le non périssable ou ce que vous pouvez aisément reconditionner.
  3. Faites un maximum maison que ce soit l’alimentaire ou les produits d’entretien et d’hygiène
  4. Calculez les quantités de nourriture adéquates pour éviter le gaspillage, et valorisez les restes en soupe, en salade etc.
  5. Triez les déchets et si possible, faites un compost. Valorisez les déchets en récupérant par exemple le dos des feuilles et des cartons ou les enveloppes pour faire vos listes de courses ou vos mémos.
  6. Réparez ce qui peut l’être plutôt que d’acheter du neuf. Si un objet n’est pas réparable, valorisez le via une ressourcerie ou via des réseaux de récupération ou des artistes.
  7. Achetez durable! Privilégiez la qualité et entretenez adéquatement vos objets pour prolonger au maximum leur durée de vie…
  8. Achetez en occase! Zéro-déchet, ce n’est pas seulement votre poubelle qui est au régime, mais toutes les poubelles, y compris celles de producteurs, celles des autres et celles des magasins 😉
  9. Exit les emballages éphémères (alu, film plastique, sac a usage unique…): favorisez les bocaux, les tupperwares, les boites, les sachets en tissu lavable etc
  10. Pensez à couper vos appareils électriques, à diminuer votre chauffage, à favoriser les énergies renouvelables. D’autant qu’un changement de fournisseur peut s’avérer très intéressant financièrement aussi 😉
  11. Privilégiez les transports en commun, le vélo, la marche… Favorisez les petits commerces locaux, les coopératives de paysans ou d’artisans…

Bon amusement! 😉

 

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