Etiquette(s)

Ceux qui me suivent sur mon blog personnel le savent déjà, j’ai appris il y a quelques jours – à 33 ans – que je suis autiste Asperger. Oui, vous avez bien lu, autiste. D’ailleurs, dans le DSM-V, la bible des psychiatres, on ne parle même plus de Syndrome d’Asperger, mais bien de Trouble du spectre autistique, ou TSA pour les intimes.

Je ne vais pas vous écrire ici un long article sur ce qu’est le syndrome d’Asperger, d’autres l’ont très bien fait et je n’en connais pas encore assez sur le sujet à ce jour. Mais pour ceux qui souhaitent en savoir plus, je vous invite à lire l’excellent article sur le site Wikipédia ou encore sur ce site dédié à l’autisme.

Non, simplement, je m’aperçois que cette étiquette explique bien des choses. Comme mon besoin irrépressible de planifier, d’organiser. Comme mes centres d’intérêts si pointus, mon hypersensibilité, mon hyperémotivité… Cela explique mes angoisses et mes « crises » (qui sont en fait ce qu’on appelle des « effondrements autistiques » et résultent d’une surcharge émotionnelle et/ou cognitive)

Le diagnostic ne changera pas qui je suis et n’amènera, je pense, pas grand changements à notre vie. Mais il soulève des questions, notamment parce que les TSA sont encore très méconnus et que nous ne savons pas encore si c’est génétique ou si cela résulte de facteurs environnementaux. Parmi les questions qui nous taraudent aujourd’hui, Papa’pottam et moi nous posons bien évidemment des questions par rapport à nos petits – en sont ils atteint aussi et, si oui, à quel degré? – mais aussi par rapport à notre avenir. Parce qu’évidemment, cela a un impact sur la vie professionnelle, mais aussi sur notre vie sociale.

Et puis se pose la question du regard des autres. Moi ca m’est relativement égal… Mais qu’en sera-t-il pour mes enfants, leurs professeurs, leurs copains, les collègues et la famille de Papa’pottam ou même ma famille et mes amis… Qu’en sera-t-il quand viendra l’heure de reprendre une vie professionnelle?

Je n’ai pas de réponses à ces questions, pour le moment. Je sais que je vais avoir un accompagnement pluridisciplinaire avec des psychologues, des psychiatres, des ergothérapeutes, des assistants sociaux, etc. Mais le système étant ce qu’il est, il y a des listes d’attente et il faudra du temps avant de trouver les réponses, de mettre les solutions en places, de trouver un nouveau rythme…

En plus de cette bombe qui a été lâchée il y a quelques jours à peine, Petit’potam faisait sa rentrée ce vendredi. Encore des rythmes chamboulés, des routines à installer, du stress…

Ne vous méprenez pas, je ne me plains pas. Ce sont de bonnes nouvelles car les choses avancent, des portes s’ouvrent, même si d’autres se ferment… Mais c’est une période riche en changements, en surprises, en aventures, en questionnements…

Bref, voila pourquoi le blog est un peu en latence en ce moment…. Mais ne vous inquiétez pas, tout le monde va bien 😉

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Quelques gouttes d’eau

Petit article inutile, juste pour partager ma bonne humeur… Ce matin, organisation un peu différente de l’habituelle. Papa’potam a pris les petits pour descendre et j’ai pu prendre ma douche. Sans Petit’potam qui crie et fait des bêtises pour attirer mon attention, sans Mini’potam qui pleure parce qu’il veut les bras ou l’écharpe… Bon, pas la douche de 2h avec gommage et massage après. Juste une douche chaude, savon et shampoing. Et musique. Juste une douche au calme pour démarrer la journée sereinement.

Fichtre, le bonheur tient à peu de choses quand on est parents 😂

Une rencontre…

9 mois d’attente – enfin, un peu plus… Et puis… Une rencontre. Pas comme on l’espérait, pas comme on l’avait préparée, mais finalement, aussi magique et aussi belle que puisse l’être ce genre de rencontre…

D’abord, il y a eu un suivi de grossesse cool, sans surmédicalisation, juste à l’écoute de mes besoins et de mon corps et un projet de naissance à la maison, physio, intime, serein… Mais l’assurance hospitalisation en a décidé autrement. 3 semaines avant la date prévue du terme, DKV nous annoncent qu’ils ne prennent pas en charge l’accouchement à domicile. Nous savons que nous ne pouvons pas nous permettre cette dépense. Un peu dans le rush, nous nous lançons a la recherche d’une maternité qui collera plus ou moins a nos valeurs et à notre philosophie…

C’est finalement à l’hôpital d’Auvelais (Centre hospitalier Régional du Val de Sambre) – dont la maternité a été refaite il y a quelques années, que nous trouvons l’accueil et l’écoute que nous recherchions. Le sage-femme qui suivait jusque la ma grossesse nous dit que c’est juste du « marketing » pour appâter le chalant et que ce ne sera pas mieux qu’ailleurs. Mais bon, il fallait bien se décider et j’ai décidé de faire confiance a mon instinct.

Le 22 mai, date prévue pour l’accouchement, pas de signe que Bébé’Potam ait envie de pointer son petit nez. La gynécologue qui reprend notre dossier demande un suivi monito tous les 2 jours, plutôt que – comme l’exige son protocole – de faire d’emblée la césarienne. A chacune de nos visites, les sages-femmes se présentent, savent qui nous sommes et connaissent notre projet de naissance. Elles prennent le temps de discuter avec nous, expliquent chaque geste et son utilité et nous demandent systématiquement notre accord avant tout acte médical… Chacune a sa façon, elles prennent la peine de faire connaissance et d’échanger, de se montrer humaines…

Jeudi 1er juin, notre bébé’Potam qui jouait encore les prolongations commence a montrer des signes de faiblesses au monitoring. Une fois, on se dit que c’est un souci de capteur. Deux fois, il n’y a plus de doutes… Les sages-femmes appellent la gynécologue et nous décidons que nous ne prenons pas de risques pour la vie de Bébé’Potam. Préparation pour une césarienne en urgence.

Évidemment, j’ai pleuré, j’ai paniqué, j’ai été déçue… Papa’Potam aussi s’est senti triste et inquiet… Mais c’est la que l’équipe a commencé à montrer a quel point ils accordaient de l’importance a notre projet. La gynécologue, rassurante et souriante qui a pris le temps de nous expliquer le déroulement de la césarienne; les 2 sages-femmes, Cindy et Delphine qui nous ont réconfortés et nous ont accompagnés tout au long de cette après midi; Isabelle, l’assistante logistique qui a pris soin de Petit’Potam le temps que le parrain de Bébé’Potam arrive…. Et, belle surprise, ma maman se libère pour être présente aussi, malgré son boulot et surtout malgré les problèmes de santé… Je suis un peu submergée par mes émotions, d’autant que j’avais très mal vécu que ma famille paternelle et ma belle-famille au grand complet décident de partir en vacances juste pour la date prévue de l’accouchement, comme si cette naissance ne les concernaient pas le moins du monde, qu’ils se fichaient éperdument de nous… Avoir ma famille la plus proche – mon homme, mon fils, ma maman – et un ami proche aura été le plus beau de tous les cadeaux pour accompagner ce moment si unique…

 

Cindy est restée avec nous tout au long de la césarienne, nous parlant, nous rassurant, nous expliquant, défendant notre projet de naissance auprès des autres intervenant… Papa’Potam a pu mettre de la musique dans la salle d’opération et rester avec moi tout du long, tout le personnel s’est présenté et tout nous a été expliqué. Papa’Potam a même pu regarder ce qui se passait au delà des champs stériles et observer l’opération…La gynécologue nous a expliqué que Bébé’Potam avait le cordon autour du cou et avait lâché son méconium dans le liquide amniotique. Voila qui expliquait donc les « grimaces » au monito…

Bébé’Potam a été mis en peau a peau sur ma poitrine tandis qu’on me recousait et – malgré des circonstances un peu chaotiques de sa naissance, les examens ont été limités au maximum, la pesée et autres examens secondaires ont été différés. Le « réveil » s’est fait en salle d’accouchement, entourés par notre famille (Petit’Potam, ma maman et le parrain de Bébé’Potam) et sous la vigilance discrète mais attentive des sages-femmes. Petit’Potam a pu se joindre a la tétée d’accueil de Bébé’Potam et nous avons pu récupérer le placenta, comme nous l’avions demandé…

Le lendemain, Bébé’potam commence a chauffer, et vu les circonstances, le pédiatre n’hésite pas une minute et le met sous antibiothérapie et sous monitoring continu. La aussi, c’est un médecin très a l’écoute, compréhensif qui nous écoute et tente de concilier au mieux nos besoins et ses impératifs. C’est donc en peau à peau que Bébé’Potam est mis sous monito, sous mes caresses et mes chansons que le pédiatre lui place son petit cathéter, et, après négociations, dans le calme de notre chambre que nous passerons le séjour neonat’. Les infirmières pédiatriques sont formidables aussi: douces et gentilles, elles font un maximum pour éviter de stresser bébé: soins pendant qu’il est au sein ou juste après une tétée, prises de températures lors des changes, souvent par maman…

Au final, le séjour, prolongé par le passage en néonat’ de Bébé’Potam s’est déroulé à merveille, avec des sages-femmes au petits-soins et à l’écoute de nos besoins, attentives sans être intrusives, respectueuses et humaines. du début à la fin, elles auront tout fait pour nous faire sentir comme à la maison et pour préserver la sérénité que nous voulions dans notre projet de naissance….

Et puis surtout, parmi ces sages-femmes formidables, la rencontre de 2 femmes extraordinaires, Katia et Valérie. Deux sages-femmes passionnées, dévouées, brillantes, gentilles… Bref, la rencontre avec Bébé’Potam aura aussi été l’occasion de belles rencontres humaines, d’échanges, de discussions, d’apprentissages, de remises en question et d’évolution.

Ma vision des hôpitaux si noire avant cette expérience s’est teintée de jolies couleurs et de belles émotions. J’éprouve de la gratitude envers ces femmes formidables qui ont accompagné discrètement notre rencontre, l’agrandissement de notre famille; de la reconnaissance envers ceux et celles qui ont entendu et respecté nos souhaits, sans jugements, sans a priori, qui ont tenu compte de notre projet et l’ont pris à coeur; beaucoup d’amour pour ces gens qui ne nous connaissaient pas mais ont pris la peine de se mettre en 4 pour nous; de la sérénité face à cette naissance qui n’était certes pas comme nous l’avions rêvée, mais qui n’en fut pas moins belle ou moins puissante… Et puis évidemment, de la reconnaissance pour les médecins qui ont permis à notre Bébé’Potam d’être la, parce que sans cette césarienne et sans les soins neonataux, Papa’Potam et Petit’Potam pleureraient probablement la perte de deux être chers…

Merci. Du fond du cœur, merci!

 

A Katia, Valérie, Cindy, Delphine, Shanon, Leslie, Camille, Béatrice, Jennifer, Marion… Les formidables sages-femmes de la maternité
A Isabelle, la fabuleuse assistante logistique et nounou d’enfer 😉

A Arielle, Stéphanie et Shanti (Je ne suis pas sure du tout de l’orthographe, mais son visage reste gravé dans mon coeur) les infirmières pédiatriques
Aux docteur Muriel Verheyen, gynécologue; Pierre Kiakulanda et Ionna Ené, pédiatres; Yannick Esnault, Mulomba Kalonji et Ute Hebborn, anésthésistes
A Pierre, l’assistant du bloc opératoire (j’espère que ses chaussettes ne me tiendront pas rigueur 😉 ) et aux infirmières du bloc…

Et à tous les autres qui par leur gentillesse, leur humanité, leur professionnalisme ont permis que cette rencontre soit aussi proche que possible de notre projet de naissance…

Petite réflexion sur la violence du système…

Il n’est pas dans mes habitudes d’écrire ici sur la politique, mais au vu des événements d’hier soir, je ne peux me taire face à cette mascarade.

Hier soir, ma liberté d’enfanter ou bon me semble, avec qui je veux et dans les conditions que je veux n’a pas été respectée. Pire, la police m’a menacée et a envoyé une ambulance a mon domicile malgré mon opposition formelle et explicite.

Rembobinons de quelques heures…

Je suis donc enceinte et bébé’Potam joue les prolongations… Vu mon antécédent de césarienne, cette fin de grossesse fait l’objet d’une surveillance vigilante par l’équipe de la maternité que nous avons finalement choisie, faute d’intervention de notre assurance DKV pour un accouchement à domicile. Et vu ce même antécédent de césarienne, si le travail ne se met pas en route de lui-même, je sais qu’au plus tard, le 6 juin, ce sera césarienne. Inutile de vous dire que je prie tous les saints, tous les dieux et déesses et que je tente a peu près tous les moyens naturels et sans risques pour déclencher l’accouchement depuis la date du terme (le 22 mai)…

Hier matin au monito, quelques contractions et une sage-femme optimiste… Nous sommes aux anges… En rentrant à la maison après notre visite désormais quotidienne à la maternité, Papa’Potam hésite à partir bosser. Mais les contractions sont encore peu intenses et assez espacées et nous décidons donc qu’il aille bosser… Au fil de l’après midi, les contractions se font plus fréquentes. Lorsque je reçois son message m’annonçant qu’il quitte le boulot, Petit’Potam et moi allons prendre un bain chaud qui active un peu les choses. En sortant du bain, contractions aux 3 minutes, plus intenses. Je m’allonge sur le lit avec Petit’Potam pour un calin-tétée et pour me reposer un peu. Et la, je reçois un message de Papa’Potam: le train a heurté une personne et ils sont coincés. Je stresse.

Dans l’espoir de trouver une solution pour faire sortir mon homme de ce train maudit, je contacte la SNCB qui me dit que je dois contacter le chef des opérations en contactant la police. J’appelle le commissariat de Namur, qui m’oriente vers la police fédérale qui elle-même me demande d’appeler le 101. La, j’explique la situation en essayant de garder mon calme, mais l’angoisse me gagne sérieusement. L’agent au bout du fil me parle et mon instinct me dit qu’il essaye de gagner du temps pour pouvoir trouver mon adresse. Je me dis que je suis parano et que nous ne sommes pas dans un film…. Sauf que quelques secondes plus tard, il me demande de confirmer mon adresse, le nom de mon compagnon et sa date de naissance. Je précise que je ne veux pas d’ambulance, que j’appelle mon médecin ou ma sage-femme, mais que je refuse l’ambulance. Il me ment en prétendant que ces informations sont collectée pour pouvoir transmettre les informations au responsable des opérations chargé de l’évacuation des passagers sur le lieu de l’accident et que sans ces informations, il ne pourront pas trouver mon mari. Moi, bien naïve, j’y crois… Dernière fois que je faisais confiance à un agent de l’état.

Puis, ce gars, me dit que ca le rassurerait quand même de me mettre en relation avec le service 100 (aide médicale urgente). Je lui répond que ce n’est pas nécessaire, que je vais appeler ma sage-femme ou mon médecin, mais il insiste en arguant que ca pèserait sur sa conscience s’il arrivait quelque chose et qu’il ne m’avait pas permis de parler au service 100. J’accepte – maudite empathie!

La dame du 100 ne me laisse pas placer un mot, me dit que je suis une folle irresponsable, que je mets en danger la vie que je porte, qu’elle envoie une ambulance, que ce n’est pas à moi de décider et que si je ne leur ouvre pas, ils défonceront ma porte et que si je refuse l’ambulance, elle portera plainte contre moi pour « non-assistance » a personne en danger. Elle me retransfere au 101 ( police) a qui je répète que je refuse une ambulance, que je ne veux pas être auscultée par un médecin que je ne connais pas. Je leur rappelle également que rien ne m’interdit d’accoucher chez moi, seule ou accompagnée par le médecin ou la sage-femme de MON choix, qu’on ne peut pas m’imposer une ambulance. Re-transfert au 101. Je suis en larme, de plus en plus angoissée. Même refrain, mais cette fois, je parviens a dire à l’opérateur que je refuse l’ambulance, que je ne veux pas être évacuée vers un hôpital de Namur parce que je refuse que Petit’Potam soit confié à une assistante sociale et placé dans un foyer, même si c’est « juste le temps de ».

10 minute plus tard, une ambulance arrive, toutes sirènes hurlantes. Ils sonnent. J’ai tellement peur qu’ils ne défoncent la porte que j’ouvre. Je suis terrorisée, anéantie parce qu’avec tout ce stress, les contractions se sont arrêtées. Petit’potam est crevé mais refuse de manger ou de dormir tant que papa n’est pas la, ajoutant encore à mon stress… Me retrouver face à 2 hommes qui enfilent des gants de latex n’aide franchement pas à me rassurer. Je répète encore que je ne veux pas d’ambulance, que je refuse d’etre examinée par un médecin ou une sage-femme que je ne connais pas. Il me répondent que je n’ai qu’a me débrouiller avec les médecins qui vont arriver.

Quelques minutes plus tard, un véhicule du SMUR arrive, avec 3 hommes de plus a bord. Je me retrouve seule face à 5 hommes qui tente de m’intimider et de me forcer la main. Je leur répond que je n’irai pas dans un autre hôpital que celui que nous avons choisi et qu’il est hors de question que mon fils soit confié à une assistante sociale. Le tout devant les voisins qui n’ont pas perdu une miette du spectacle, au point de sortir de chez eu et de venir écouter de près (2 mètres) tout ce qui se disait. Le manque de discrétion des voisins me révulse à un point inimaginable; ce voyeurisme malsain, cette curiosité infecte… A tel point que j’ai fini par demander aux voisins qui s’étaient approchés s’ils ne voulaient pas carrément pratiquer eux même un toucher pour évaluer mon col…

Je fini par leur dire que la sage-femme est en route et qu’ils peuvent dégager et par leur claquer la porte au nez.

Voila, la fabuleuse histoire d’un mercredi soir qui restera pour toujours dans ma mémoire comme le pire jour de ma vie… Non seulement, je suis choquée par le manque d’humanité et d’empathie des gens, mais je suis aussi outrée par les méthodes honteuses de la police et des services de secours.  Tentative d’intimidation, menaces, abus de confiance… C’est aussi de la violence, un manque de respect de nos libertés et de nos droits. Je reste abasourdie d’avoir à me battre pour préserver mon droit de mettre mon enfant au monde dans les conditions qui me conviennent et pour avoir osé dire que je ne veux pas être auscultée par un inconnu, m’être fait traiter de mauvaise mère qui met la vie de son bébé en danger. Je suis outrée par l’ignorance des gens, y compris ceux qui sont sensé avoir un minimum de connaissance en matière de santé… Et plus encore, je suis choquée de risquer de devoir aller m’expliquer auprès de la police et d’assistantes sociales quant à mes choix d’accouchement…

 

Il aura finalement fallu pres de 2h pour que le train soit enfin évacué… Papa’Potam est arrivé en même temps que la sage-femme qui n’a pu que constater que le travail s’est complètement arrêté et que bébé’Potam va bien malgré tout. Retour a la case départ. Zéro contractions en 12 heures de temps… Le moral qui dépérit pour Papa’Potam et pour moi… Et la menace qui pèse sur ma tête de devoir encore me justifier auprès de ce système qui n’a de « démocratie » que le nom.

Ce qui est sur, c’est que je n’en resterai pas la. J’ai bien l’intention de déposer une plainte formelle contre les services de secours… Toute cette histoire aura fini par achever le peu de confiance que j’avais en cet état qui se prétend démocratie mais qui est en fait une dictature pour moutons de Panurge, en son système de forces de l’ordre et en son système médical. Parce que oui, j’estime que c’est aussi une forme de violence quand des médecins refusent d’entendre qu’on ne veut pas etre ausculté, qu’on a le libre choix de nos médecins et du lieu ou nous voulons être soigné.

 

#violencespolicières #Policefédérale #SNCB #droitdelafemme #droitdupatient #liberté

La famille s’agrandit…

Cela faisait déjà longtemps que nous en parlions, mais nous avons pris le temps pour nous décider… Après plus d’un an de palabres, d’arguments, de reports, samedi, nous avons enfin été voir 2 refuges pour y trouver un nouveau compagnon à 4 pattes pour élargir notre tribu de poilus.

Je n’ai pas pris de photo des deux refuges ou nous sommes allés, je n’y ai simplement pas pensé et je dois dire que même si j’y avais pensé, je n’aurais pas eu le coeur à ca dans le premier refuge… Entre ces malheureux enfermés dans des cages et Petit’Potam qui avait peur avec tous ces chiens qui aboyaient…

Nous avons commencé par le refuge « Sans Collier » à Chastre, près de Gembloux. L’accueil a été assez froid, à vrai dire aussi froid que les cages ou nous avons pu voir les chiens qui attendent désespérément une famille. Nous avons vu une cinquantaine de chiens, peut-être plus. Nous n’étions pas très difficile. Pas de préférence de race, pas trop regardant à l’age, pas non plus d’exigences esthétiques. Seuls critères qu’il soit habitué aux enfants et aux chats, et que ce ne soit pas un trop petit chien. Les bénévoles nous disent d’aller voir les chiens et de leur dire lesquels nous plaisent. Pas de question sur nos motivations, sur nos expériences, sur ce qu’on a à offrir à un chien… On fait donc un tour dans ces couloirs de prison, rempli d’innocents… J’ai le cœur franchement serré et l’impression de choisir une robe à faire ainsi mon « shopping » sur le physique du chien. Leur caractère? On ne sait pas… Rien sur les cages à part parfois un nom et un âge. Ils aboient tous, sautent pour la plupart sur la porte de leur cage à notre passage… Difficile de dire si c’est agressif ou amical… Aucun contact possible pour voir comment ca se passe.
On retourne dans le bureau avec quelques noms. La bénévole nous répond non pour tous, le fait d’avoir un enfant étant manifestement un obstacle pour tous les types de chiens… Elle nous propose de refaire un tour, on s’exécute. Cette fois, on regarde sur le site web au fur et à mesure de notre visite, mais il semblerait que les informations sur le site ne soient pas celles dans les fiches, puisque même des chiens décrits comme « chiens de famille » sur le site, on nous répond « non, je met pas ca avec des enfants »… On tombe quand même sur 2 toutous de 9 ans qui nous plaisent. On retourne au bureau et là, forcing pour qu’on les adopte tous les 2… On explique que nous n’avons pas la place ni le budget pour 2. Elle refuse. Nous repartons bredouille, déçus car nous avons vu surement une bonne dizaine de chiens qui nous plaisaient… La sensation en sortant de la: envie de tous les adopter pour les sortir de cet enfer ou ils n’ont même pas d’espace pour courir, et l’impression que les bénévoles ne veulent pas les placer et préfèrent voir leur toutous en cage.

Petit’potam demande à voir encore les chiens, qui pourtant lui faisaient peur un quart d’heure avant… Finalement, il s’endort dans la voiture. Je me dis que du coup, on peut pousser une pointe jusqu’au refuge « Sans Famille » à Sorrines, près de Dinant. C’est le jour et la nuit… Là, nous sommes accueillis par une jeune bénévole qui d’emblée nous présente les chiens qui sautent joyeusement autour d’elle. Elle nous pose des questions sur ce que nous cherchons et nous explique un peu comment eux fonctionnent. Ici, pas de cage (enfin si, mais uniquement pour les chiens qui doivent être isolés, soit pour raisons médicales, soit parce que pas sociables avec les autres chiens). Les autres, une septantaine, disposent d’un vaste entrepôt plein de paniers, de couvertures, de vieux fauteuils, de tables… et plein de jouets. Une trappe leur permet un libre accès vers l’extérieur ou ils ont une grande prairie ou jouer et courir tous ensemble. Ici, les aboiements sont plus joyeux et nous sommes très chaleureusement accueillis par Kim, Jack, Rintintin, Hunter, Baloo, Xena et beaucoup d’autres. Dur de choisir parmi tous ces beaux toutous aussi amicaux! On a envie de tous les cajoler…  Mais c’est Hunter qui attire l’attention – et le cœur – de Papa’potam. Un magnifique croisé dogue des Canaries et labrador, âgé de 4 ans, calme mais vif. La bénévole nous propose de le prendre en promenade pour voir un peu comment ça se passe… Il tire beaucoup mais le courant passe bien avec toute la famille. Grosse incertitude cependant, on ne sait pas comment il réagit aux chats. La bénévole nous propose de l’emmener dans la chatterie pour voir un peu… Hunter a clairement envie de jouer avec les chats, mais ne se montre pas agressif, un bon point donc… On nous propose donc de le prendre à l’essai et d’avoir les conseils d’une comportementaliste pour faciliter l’adaptation tant du chien que des chats.

Nous repartons donc avec un gros toutou dans le coffre de l’auto, un peu anxieux de voir la réaction des félins de la famille et du nouveau venu face à ces compagnons de jeux miniature… Petit passage par le magasin pour lui acheter l’indispensable: nourriture, friandises, jouets… Et retour à la maison. Le soir même, nous recevons un mail de la comportementaliste nous expliquant comment faire pour que tout nos quadrupèdes trouvent leurs marques. Le lundi matin, petit coup de fil du refuge pour voir comment ca se passe… Très pro, très gentils, très a l’écoute. De vrais passionnés.

Cela fait maintenant 5 jours qu’Hunter vit parmi nous et qu’il semble trouver ses marques. Pour le moment les chats vivent à l’étage, et Hunter au rez-de-chaussée. Il se montre affectueux et attentif avec nous, plutôt calme, il aboie rarement, même quand on le laisse seul. Bon clairement, un petit tour à l’éducation canine ne sera pas un luxe pour lui apprendre les consignes de base et surtout à marcher en laisse sans me déboîter l’épaule, mais l’adaptation avec nos chats semble se passer plutôt bien. Il les sent derrière la porte sans broncher et ne réagit plus quand il les voit à la fenêtre du salon… De même il ne saute plus comme un fou en voyant le lapin ou le cobaye dans leur cage… Quant à la poule, elle le laisse de marbre…

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Hunter dans son panier

EDIT: C’est avec regrets que nous avons aujourd’hui ramené Hunter au refuge. Trouvant ses marques, il a commencé a se montrer agressif avec les chats, tant les nôtres, que ceux dans la rue, allant même jusqu’à s’enfuir lors de sa promenade et a rebrousser chemin sur près d’un kilomètre pour pourchasser les chats du quartier… Nous sommes passés près du drame, Papa’potam ayant retrouvé Hunter sur la rue, environ 20 minutes plus tard.

Le lendemain, Hunter a grogné sur l’un de nos chats à travers la fenetre et s’est mis à aboyer et à sauter… renversant au passage Petit’Potam… Lors de la balade du soir, Papa’potam a eu du mal à retenir Hunter qui grognait et aboyait sur tous les chats du voisinage… Je n’aurais plus osé le sortir sachant que même Papa’potam n’y arrivait plus…

Notre cohabitation fut courte, et nous sommes tristes de voir un si chouette compagnon nous quitter. Mais le deal était que toute la famille devait se sentir bien. Et devoir choisir entre le bonheur du chien et celui des chats n’était pas une option. D’autant qu’il n’aurait pas été heureux, privé de sortie faute d’une personne qui sache le retenir…

Nous attendrons donc encore un peu pour trouver notre toutou… Surement un chiot que nous pourrons habituer d’emblée aux chats…

Un grand merci en tout cas au refuge Sans famille pour leur gentillesse, pour leur patience, pour le temps qu’ils nous ont accordé et la confiance qu’ils nous ont faite de nous confier un de leurs protégés.

Pour plus d’informations sur le refuge, je vous invite à visiter leur site et leur page facebook.

 

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Comment un baby-sitter a changé notre vie…

Petit retour sur une expérience ultra-positive, pourtant initiée par une situation plutôt catastrophique…

Samedi dernier, pour la première fois, j’ai fait appel à un baby-sitter pour m’accorder du temps pour moi, oui, juste pour moi, égoïstement. Pas pour la maison, pas pour faire ma paperasse, pas pour une rendez-vous… Non. Pour MOI. C’est la première fois en 27 mois. Et ce ne sera pas la dernière.

A la base, j’ai appelé ce gentil jeune homme parce que j’étais à la limite d’un nouveau burn-out. Enceinte, avec les hormones et les nuits pas top, les petits soucis de digestion et la fatigue; Petit’pottam qui sort péniblement ses molaires avec la fièvre et le caractère grincheux qui va avec; une famille’Pottam au grand complet malade avec une bronchite pour moi et évidemment, tout qui s’accumule dans la maison… Le sentiment d’être débordée, un bambin malade et très très demandeur alors que je suis moi-même en train de cracher mes poumons et que j’ai juste envie de dormir… Et un Papa’pottam qui bosse et qui donc, malgré toute la bonne volonté du monde, ne peux pas grand chose pour enrayer une spirale franchement négative. Très vite, tout ca se ressent sur mon moral, sur ma fatigue, sur ma patience… Je me retrouve à pleurer pour trois fois rien, a crier sur un Petit’Pottam qui ne comprend pas pourquoi sa maman pleure et se fâche… Et bien sur à m’en vouloir après… Et personne a qui demander de l’aide, la famille etant soit trop loin, soit trop occupée…

Mon sage-femme m’avait déjà dit plusieurs fois de m’écouter un peu plus, d’être un peu plus a l’écoute de mes besoins… J’ai décidé de l’écouter, surtout parce que je me rends compte qu’on ne peut rien verser d’un vase vide… Et j’étais vidée. J’avais besoin de me retrouver, de prendre soin de moi et de relâcher un peu toute la pression que représente le sacerdoce d’être maman au foyer.

Je sais que beaucoup pensent que les mères au foyer ont la belle vie, qu’elles passent leur temps a se faire des manucures en regardant des séries, qu’elles vont boire le thé avec leurs copines ou se font des virées shopping… La vérité est que c’est un job H-24. Pas de pause, pas de congé, pas de congé de maladie… Et le plus souvent pas de salaire, pas de pension et pas de reconnaissance de la part des autres adultes et de la société… Bref, être parent au foyer c’est un job épuisant dans une zone de non-droit.

On est tout à la fois: éducateur, animateur, professeur, coiffeur, infirmier, cuisinier, femme de ménage, chauffeur, policier, comptable, logisticien, musicien, coursier, aide-soignant, aide-ménager, jardinier, conteur, soigneur, manucure, pédicure, guide, secrétaire, téléphoniste, organisateur d’événements, décorateur, habilleur, styliste, couturière, peintre, dessinateur, négociateur, coach, pompom-girl, clown, psychomotricien, logopède, psychologue, puéricultrice, instituteur, arbitre… Et si a la fin de la journée, il y a des petits yeux qui pétillent et des bras autour de notre cou, on peut se dire qu’on a fait un bon boulot… Mais c’est là le seul remerciement que nous pouvons espérer pour nos tartines englouties entre deux coup de torchon parce que le petit a renversé son verre et que le grand a expédié de la soupe sur le mur en jouant a la catapulte avec sa cuillère, pour les pauses pipi avec spectateur(s), pour les âpres négociations pour que nos petits acceptent de ranger leurs jouets ou qu’ils enfilent un pantalon, pour les livres qu’on a pas le temps de lire parce qu’on est plutôt en train de jouer au duplos ou petit train, pour les douches expédiées en  minutes chrono alors qu’on rêve d’un bain chaud, voire pour celles qu’on a zappées faute de bambins conciliants, pour les copines qu’on ne voit plus parce que le petit dernier ne s’endort pas sans sa tétée, pour les virées shopping qu’on ne fait plus pour soi-même mais pour eux, pour les fois ou on aurait préféré manger une entrecôte mais ou on a pris le poulet compote pour faire plaisir au petit dernier, pour les verres de vin ou de mojito qu’on ne boit pas parce qu’on allaite, pour les business lunchs dans de chouettes restos qu’on a troqué contre les tartines – soupe – jambon, c’est les crises qu’on doit gerer quand on a juste envie de calme…

C’est beaucoup de sacrifices, c’est pas mal d’abnégation et c’est loin d’être rose tous les jours. Mais c’est aussi la joie immense de voir nos enfants grandir, de les écouter développer leur langage, de voir a quel point ils changent, d’être acteurs privilégié dans leur éducation et dans le développement de leurs cerveaux, de leur curiosité intellectuelle. C’est des câlins a n’en plus finir, des sourires et des rires. C’est un apprentissage énorme et une remise en question permanente. C’est exigeant, épuisant, mais le plus bel enseignement de la vie assurément…

Mais comme tous les jobs et comme tous les enseignements, il faut parfois du temps pour assimiler tout ca. Pour reprendre son souffle et être capable de s’y remettre plus sereinement et plus efficacement. Je me suis rendue compte la semaine dernière que je m’étais perdue et éloignée de mes valeurs, de mes idéaux et surtout de mon fils… Et que j’avais besoin de me retrouver pour mieux le retrouver. Quand j’ai appelé le baby-sitter mercredi, je pleurais. Après avoir réservé ses services pour 2 heures, je me sentais déjà mieux.

Puis samedi, il est venu. Petit’Pottam a été tout de suite en confiance avec ce jeune musicien un peu hors du commun, qui a su se mettre à sa hauteur et a qui je n’ai pas du expliquer grand chose tant cela semblait inné pour lui. Après un goûter ou nous en avons profité pour faire connaissance tous les 3, je suis montée pour prendre un bain. Seule. Le deuxième bain seule en 27 mois de temps…

J’ai eu du mal a me détendre au début. L’impression de ne pas être a ma place, que je faisais un truc pas normal… Il m’a fallu un peu de temps et beaucoup d’auto-persuasion pour me dire que je faisais ce qu’il y avait de mieux, que j’avais le droit de prendre soin de moi, que je ne faisais rien de mal… Et surtout que mon fils m’en serais reconnaissant après. J’ai pris une petite heure dans mon bain, le temps de faire un masque pour mes cheveux et mon visage, me détendre, écouter de la musique, souffler…

Quand je suis redescendue, mon fils m’a sauté dans les bras, souriant et moi je me sentais reboostée. La dynamique de la famille a complètement changé. La spirale négative s’est transformée en spirale positive:  tout le monde est plus serein, Petit’pottam est moins collant et surtout moins difficile, et moi je suis à nouveau disponible pour lui. Grâce aux efforts de tous, on a rattrapé le retard dans les tâches quotidiennes et on a repris notre organisation optimale pour ne plus se laisser dépasser…

Je n’aurais jamais pensé que 2 heures pouvait à ce point changer les choses et que mon bien-être pouvait autant influencer toute la famille… Cette expérience, outre le bien-être immédiat que cela m’a apporté, m’a aussi permis de comprendre qu’un parent au foyer est un pilier pour le reste de la famille. Ca m’a donné beaucoup de confiance en moi-même, en mon rôle et beaucoup plus d’estime pour le travail que je fais au quotidien.

J’ai aussi compris a quel point chaque membre de la famille est interconnecté, a quel point nous formons un tout…

Et la morale de tout ceci c’est que quand vous sentez que vous êtes au bout du scotch, n’attendez pas. Demandez de l’aide. Il n’y a pas de honte a avoir besoin des autres, il n’y a pas de honte a avoir des limites, ni a prendre soin de soi. Le burn-out parental touche de plus en plus de parents, que ce soit des parents au foyer ou des parents qui travaillent – ou peut-être qu’il est simplement plus reconnu aujourd’hui. Je suis convaincue que c’est entre-autre ce genre de burn-out qui conduit à la violence, aux cris, aux disputes, aux séparations… Un ancien collègue m’a dit un jour « un enfant, ca passe ou ca casse: soit ca renforce le couple, soit ca le détruit ». J’ai ri lorsqu’il m’a dit ca et j’ai pensé qu’il exagerait. Je sais aujourd’hui qu’il avait raison. Devenir parents est un challenge; le plus merveilleux qui soit, mais probablement le plus dur et le plus exigeant de tous. C’est se confronter à soi, a son éducation, à son enfance, mais aussi à celle de notre partenaire. C’est parfois se confronter à notre famille ou à notre belle-famille. C’est aussi se confronter aux regards des autres et de la société, surtout si comme nous vous choisissez une parentalité un peu « hors norme »… Et surtout, c’est repousser ses propres limites par amour et par nécessité. Cependant, en repoussant ces dernières, on oublie souvent qu’elles sont la pour de bonnes raisons, et que si on peut les repousser, on ne peut pas le faire à l’infini.

Gardez-vous des moments à vous, quitte à faire appel à une personne extérieure. Autorisez vous à penser à vous, car en le faisant, vous pensez aussi aux autres 😉

 

Une question de valeurs

Je fréquente pas mal de groupes Facebook sur les thèmes de l’écologie, du minimalisme, du zéro-déchet… Et un truc revient partout: le débat omnivores – végétariens – végans. Ca en devient lassant car les extrémistes parviennent à tourner n’importe quel poste en guerre civile, laissant croire qu’une cohabitation pacifique et qu’un mode de consommation respectueux de chacun (animaux compris) est impossible…

Alors avant toute chose, nous ne sommes pas vegan, ni végétariens ni omnivores. « Mais qu’êtes vous alors?  » me direz vous. Nous sommes humains: c’est à dire un animal opportuniste qui mange ce qu’il trouve, ce qu’il aime, ce dont il a envie. MAIS, parce qu’il y a un MAIS, nous tentons de consommer de façon responsable et respectueuse, parce que tout le monde n’est pas prêt à se passer de viande ou de lait, mais que nous pouvons malgré tout apporter une petite amélioration au système de part nos choix en tant que consommateurs.

Pour commencer, nous n’achetons pas de viande en supermarché, mais chez un artisan boucher qui nous garanti – certificat de traçabilité a l’appui – que les bêtes ont vécu une belle vie, dehors, nourries sainement avec des aliments naturels, dans un petit élevage de la région. Notre boucher valorise d’ailleurs aussi les « déchets » en proposant du barf ou du Raw (nourriture pour chien et chats) gratuitement à ses clients et accueille avec un joli sourire les tupperwares. Et puis, artisanat et petits élevages obligent,  quand il n’y a plus, il n’y a plus… Fallait se lever plus tôt ou passer commande 😉

De même, nos oeufs viennent des poules que nous élevons dans notre jardin, qui sont nourries aux grains et avec quelques épluchures de fruits et de légumes bio, ou des restes. Et s’il n’y a d’oeuf, tant pis, pas de biscuits ou changement de menu… ou on adapte la recette…

Nous avons aussi réduit notre consommation de produits laitiers et privilégions les produits artisanaux, comme les fromages vendus par notre fromager ou directement à la brebisterie, à la chevrerie ou à la ferme. Nos yaourts sont végétaux ou faits – maison à base de lait acheté à la ferme. Et nous privilégions les laits végétaux pour tout le reste.

Enfin, nous consommons du poisson issu de la pèche durable, et minimisons notre consommation de poisson de mer, habitant loin de la côte. Notre miel lui aussi vient de chez un petit apiculteur local qui soigne ses abeilles avec amour…

A coté de cela, il m’arrive de préparer des gateaux vegans, nous mangeons souvent des plats végétariens (3 à 4 fois par semaine) et si nous sommes invités quelque part, nous nous adaptons au régime de nos hôtes. Et si un vegan ou un végétarien vient s’asseoir à notre table, nous ferons au mieux pour nous adapter à lui… Mais nous ne deviendrons pas vegan ou végétarien.

D’une part parce que notre mode de consommation nous convient: nous aimons les produits que nous mangeons et y trouvons notre équilibre. Mais surtout, parce que je pense que le mode de consommation vegan est autant un déséquilibre que le gars qui mange 500g de steak 7 fois par semaine…

Je suis d’accord que notre société consomme beaucoup trop de viande (mais je ne pense pas que ce soit notre cas, vu que nous n’en mangeons que 2 à 3 fois par semaine), mais je pense que nous faisons partie de la chaîne alimentaire. Une fois morts, nous retournons à la terre et nourrissons celle – ci,  que ce soit sous forme de cendres, ou six pieds sous terre…

Mais bon. Ça c’est mon point de vue. Nous avons créé un déséquilibre qu’il nous appartient  de compenser. Mais le veganisme forcé est-il une solution?

D’abord, je pense que forcer une personne à changer ses valeurs ne peut pas marcher. Le changement vient de soi et est avant tout question de volonté. Certes, on peut débattre, argumenter et donner des arguments pour convaincre, mais forcer une personne à changer sa manière de penser et de vivre n’a jamais fonctionné. Au mieux, les gens feront semblant d’adhérer pour mieux continuer à faire comme eux l’entendent en cachette, au pire, ils se rebelleront et feront pire encore…

Par ailleurs, ce qui me dérange le plus dans « l’argumentation » des végans, c’est que cette « argumentation » n’en est pas une. Ils balancent le plus souvent des vidéos, des photos ou des termes extrêmement violents et choquants. Alors certes, c’est une réalité dans certains cas, je ne le nie absolument pas. Mais employer la violence pour prôner l’arrêt de la violence, n’est ce pas la une aberration? Les végans prônent le respect et la bienveillance envers toute forme de vie, mais en violentant leurs semblables qui ne partagent pas leurs idées, en se posant en juges du mode de vie de leurs congénères et en rabaissant les choix de ceux-ci. N’est-ce pas la un manque de respect?

Il existe tellement d’arguments, de vrais arguments qui peuvent ouvrir les yeux et le débat, qui permettent de conscientiser plutot que de juger, qui permettent d’instruire plutot que de détruire… On peut parler effectivement du respect des animaux, des veaux enlevés à leurs mères, des bêtes abattues dans la souffrance, comme le font les végans, mais sans avoir besoin de choquer.

On peut bien entendu aussi parler aussi des dégâts de l’élevage intensif, de la santé des bêtes piquées aux hormones et aux antibiotiques et de l’impact de ces pratiques sur notre santé et sur la santé de notre planète. En effet, l’abus d’antibiotique dans les élevages, à titre purement préventif contribue largement à insensibiliser les bactéries à nos antibiotiques, présentant ainsi un danger réel pour notre propre santé. Car quand tous les antibiotiques seront devenus inefficaces, comment nous soignerons-nous? Quel sera l’impact pour notre santé? Sans oublier que ces antibiotiques sont en partie éliminés dans les urines et les selles du bétail et passent donc dans le sol, et dans nos nappes phréatiques. Nous ingérons donc indirectement – que nous soyons ou non consommateurs de produits animaux – ces mêmes produits. De même d’ailleurs que les nitrates, produites en énorme quantité par les déjections des bêtes, qui se retrouvent dans notre eau de consommation, présentant un danger pour les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes âgées ou fragilisées. Les nitrates sont en effet incriminées dans le développement de plusieurs cancers, mais aussi de problèmes thyroïdiens, et dans la bonne absorption de certains minéraux, vitamines et antioxydants.

Dans le même registre, il semble judicieux de parler de notre excès de consommation de viande qui provoque des cancers, l’obésité, des maladies comme la goutte, le cholestérol. La viande – rouge ou blanche – est aussi un acidifiant pour l’organisme. Or un organisme acidifié assimile moins les vitamines et les minéraux et est plus sujet aux crampes et à la fatigue. Sans parler également de notre façon de préparer la viande: souvent trop cuite et baignée de matières grasses, autre facteurs de cancers et de cholestérol.

Enfin, argument de choix s’il en est, la question économique. La viande coûte cher alors que les protéines végétales sont vraiment peu dispendieuses. Le problème évidemment vient aussi du manque de connaissance et d’information: encore faut il connaître les alternatives à la viande. La plupart des gens pensent que les seules alternatives sont les oeufs, les produits laitiers et le poisson. Or il existe une multitude d’alternatives: haricots (rouge, blanc, noir, borlottis, flageolets…), fèves, lentilles, pois-chiche, petits pois, soja, certaines graines comme l’amaranthe ou le chia, certaines céréales complètes… Et encore faut-il savoir comment les cuisiner…

Je pense qu’il est facile de se poser en juge, mais il me semble indispensable pour tous de se rappeller que nous avons tous été un jour ignorant de ce que nous savons aujourd’hui. Nous avons du faire cet apprentissage, mettre en branle ce changement et nous avons du commencer quelque part. Plutot que de juger, ne serait-il pas bon d’accompagner avec bienveillance ceux qui souhaitent avancer vers ce changement?

Une belle façon de changer les choses aussi est de montrer la voie et par exemple de faire goûter une autre façon de cuisiner. Même un carniste convaincu peut apprécier un plat végétarien… 🙂 Moi, c’est ainsi que j’ai convaincu Papa’potam, petit a petit de diminuer sa consommation de viande. Ensuite, l’impact sur notre budget et notre santé a fait le reste 🙂

Vous trouverez sur le blog quelques recettes végétariennes / végétaliennes 🙂

Cependant, comme je l’ai dit, malgré que je sois plus que convaincue par les arguments donnés plus haut, je pense aussi que se priver entièrement n’est pas la solution.

D’abord il y a les risques de carence, notamment en vitamine B12. Même si les laits végétaux du commerce sont enrichis en vitamine B12, cette source a elle seule est insuffisante. Le seul apport naturel en B12 est malheureusement la viande. La vitamine B12 est indispensable à la vie puisqu’elle intervient dans la croissance, mais également dans la synthèse de l’ADN et de l’ARN, des globules rouges et dans le métabolisme des glucides et des lipides. La carence en B12 est tres difficile a diagnostiquer et peut prendre des années à se déclarer. Les symptomes vont de la fatigue aux symptômes neurologiques (engourdissement des membres, troubles de l’humeur, démence…) en passant par les nausées, la perte de poids, les flatulences et la perte d’appétit. Il y a bien sur aussi les carences en fer, dont il existe bien entendu des sources végétales, mais qui sont moins assimilables (3 à 10% pour le fer non-héminique ou fer végétal contre 15 à 30% pour le fer héminique, ou fer animal), ainsi que les carences en certains acides aminés propres au règne animal. Alors certes, on peu se complémenter avec des gélules. Mais je ne suis pas franchement convaincue par ce type d’alimentation en capsules que nous promet le futur hyper-médicalisé et hyper-industrialisé. Je préfère largement manger une viande, des oeufs ou du fromage issus d’une agriculture raisonnée, d’un cycle normal ou la chaine de la vie est respectée.

Car oui, c’est aussi pour moi un argument:  je pense que tous les êtres vivants sont inter-connecté et que nous devons réapprendre à vivre en symbiose. Les volailles sont une aide précieuse dans les champs et les potagers car elles mangent les limaces et retournent le sol; les chèvres, les moutons, les vaches, les ânes et les chevaux enrichissent le sol dans un verger ou dans un champs semé de trèfles ou d’autres plantes fourragères, avant de repasser l’année suivante à une culture pour la consommation humaine. Je suis convaincue que la permaculture est l’avenir. Mais la permaculture inclut aussi nos amis les animaux et je pense qu’il est naturel que nous profitions les uns des autres, que nous échangions nos bienfaits. Cela est évidemment bien loin de l’esclavage de l’élevage intensif pratiqué partout aujourd’hui. Mais c’est aussi notre rôle de consommateur de dire ce dont nous voulons ou non, en privilégiant petits élevages et petits producteurs.

Et puis, enfin, l’impact économique d’un monde végan est aussi énorme. Partons d’une utopie – je précise bien que c’est une utopie: si demain, les vegans prennent le pouvoir et qu’ils forçaient tout le monde à arrêter de consommer des produits animaux que se passerait-il?

D’abord, on se retrouverait avec une importante quantité de viande, d’œufs, de lait, de fromage.. à jeter. Ensuite, il y aurait la faillite des abattoirs, des gros élevages, de beaucoup de vétérinaires mais aussi des petits producteurs passionnés. Alors si je serais d’accord – et même ravie – de voir les gros élevages industriels mettre la clé sous la porte, et je pousse même en ce sens en boycottant de plus en plus les produits de grande consommation,  je serai triste de voir les petits producteurs devoir fermer leurs portes. Tous ces gens qui élèvent leurs bêtes avec amour et avec passion, qui enchaînent les heures, voir les nuits blanches parce qu’on est en période d’agnelage. Qui une fois le travail à l’étable fini, passent à l’atelier pour fabriquer fromages et yaourts. Ces gens là, méritent-ils le boycott, la faillite? Honnêtement, j’ai été visiter la Brebisterie de la ferme du château à Bonnine. J’ai pris le temps de parler avec l’éleveur, de regarder et de caresser ses bêtes qui gambadent dans la cour ou dans les prés. J’ai vu les étables propres et pleine de bonne paille odorante, et le dur labeur de l’éleveur pour donner les meilleures conditions de vie a ses bêtes… Il y a aussi la chevrerie du Moulin de Wez, l’élevage de la chèvre et le chou… autant de petits élevages qui se battent pour survivre malgré une conjoncture économique difficile… et pour offrir le meilleur à leurs bêtes…

Alors oui. Ces gens pourraient faire autre chose. Mais ces gens aiment leur job, le font par passion. Il y ont mis toute leur énergie, leur temps, leur argent. Ils se sont battus, ont parfois pleuré et ont sûrement tous sué sang et eau pour faire tourner leur petit élevage… Ils n’ont qu’à s’acheter un tracteur et cultiver des lentilles me disent certains vegans… mais peut être qu’ils n’aiment pas ça, tout simplement.  Peut être que c’était le rêve d’enfant de Christophe ou de Lucie de soigner ses moutons ou ses chèvres. Et il le font bien. Alors qui sommes nous pour dire que c’est mal? Pour dire qu’ils n’ont qu’à crever parce que leurs choix sont en désaccord avec les nôtres? Qui sommes nous pour forcer autrui à renoncer à ses rêves et pour les empêcher de changer le monde à leur façon?

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Les brebis de la Ferme du Château à Boninne

Ensuite, au delà des élevages, quelle place auraient encore les animaux dit d’élevage sur notre planète? Entre nos buildings et nos villes bétonnées qui s’étendent un peu plus chaque jour rognant sur les forets, les champs et les prairies? Quelque part, est-ce que l’élevage artisanal, celui à petite échelle, n’est pas aussi une forme de protection pour ces animaux, une façon de leur garder une place sur notre planète et de préserver certaines espèces? Les abeilles notamment, dont l’importance pour la survie de toute la planète n’est plus à démontrer, ont de moins en moins d’habitats naturels. Chaque année, des essaims meurent faute d’habitat et de nourriture. Quelque part, l’apiculteur qui récupère les essaims sauvages et leur offre un abri dans une ruche n’est-il pas un maillon d’une forme de symbiose? Les vaches de race anciennes comme la Salers avaient presque disparu… Le goût de leur viande à poussé des petits élevages à les réintroduire. Les petits élevages ne sont pas une usine à fric… Ils cherchent pour la plupart à trouver un équilibre entre la nature et l’homme. Et aucun éleveur ne voit une de ses bêtes partir le sourire aux lèvres…

Et puis, si nous ne consommions plus aucun produit animaux, qu’adviendrait-il des carcasses une fois les animaux morts naturellement? L’homme ayant exterminé une grande partie des prédateurs, devrions nous brûler les carcasses des vaches, des moutons, des poules, des chèvres, des cochons? Ou les laisser pourrir? Ne pourrions nous en récupérer le cuir et les os pour en faire des vêtements, des chaussures, des bijoux, des objets utilitaires? Que ferions nous de tous les œufs non fécondés pondus par nos poules? Les laisser aux belettes et aux fouines? Elles finiraient par se multiplier de façon anarchique, puis la nature finirait par réguler cela avec des épidémies qui pourraient atteindre nos chats ou nos chiens… ou nos enfants…

Alors oui. Ceci part d’une utopie et la probabilité d’un tel scénario est proche du zéro absolu. Le changement se fera progressivement, les mentalités évoluent, les façons de consommer aussi. Mais cela prend du temps et je crois fermement que ce n’est pas à coup de commentaires acerbes et d’images chocs que les choses évolueront. Ni a force de jugement et de bourrage de crâne. Je ne dit pas que les végans ou les végétariens sont un danger pour l’humanité, et je ne dit pas non plus qu’ils sont tous extrémistes. Mais force est de constater que beaucoup de végans cherchent à convaincre à tout prix, même si cela passe par la violence… Et vouloir chercher à imposer son point de vue est une forme d’extrémisme. Je crois sincèrement que refuser catégoriquement de consommer des produits animaux au nom de l’écologie est tout aussi dangereux que de prôner de consommer de la viande de supermarché 7 fois par semaine. Tout est dans la mesure et surtout dans l’éthique et la façon  de consommer….

Nos ancêtres celtes et gaulois considéraient les animaux comme sacrés, mais faisant – comme nous – partie d’un tout et d’un équilibre. Le chasseur chassait un cerf ou un buffle pour nourrir le village, la peau était employée pour les chaussures et les habits, les os pour les peignes, les bijoux, les objets utilitaires… Aucune partie de l’animal n’était gaspillée et on estimait que la bête était honorée en agissant ainsi. En échange, ces mêmes bêtes venaient parfois paître dans nos champs… Cela régulait aussi les troupeaux sauvages, tout en permettant à la saison sombre de nourrir le peuple car les fruits de la terre ne suffisaient pas toujours toujours à cette saison…

Je suis consciente qu’aujourd’hui, nous sommes bien loin de cette symbiose, mais nous pouvons nous en approcher en choisissant une façon de consommer plus responsable, sans pour autant condamner et juger les autres, sans chercher à convaincre absolument que l’une ou l’autre façon de manger est mieux que les autres, en restant ouvert et curieux face a la démarche des autres… Je pense que nous faisons tous ce qui nous semble être le mieux, que nous faisons un petit pas après l’autre, chacun à notre rythme. Et même si j’admire la force de volonté des vegans et des végétariens,  aucun des membre de la famille Pottam n’est capable aujourd’hui de cet exploit…

Ne pourrions nous donc simplement respecter les choix de ceux qui font déjà des efforts sans chercher à tout prix à convaincre? Les accompagner dans leur démarche et surtout arrêter avec les videos gores qui circulent, avec les commentaires mesquins… Au final, cela ne fait que desservir la cause végétarienne et végan…

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L’heure du bilan et des bonnes résolutions…

Nouvelle année oblige, l’heure du bilan a sonné – un peu tardivement je l’avoue – et celle des bonnes résolutions.

Pour ceux qui nous connaissent un peu, vous savez que nous vivons un peu « autrement »: maman au foyer pour s’occuper des enfants, du potager, des bestioles et de la maison pendant que papa travaille, faire des économies en choisissant de faire beaucoup nous-même et en privilégiant les achats chez le producteur, réduire notre impact écologique en privilégiant les objets de seconde main, en améliorant notre maison, etc…

2016 aura été mouvementée pour nous sur bien des points et surtout à cause des travaux dans la maison qui auront amené leur lot d’ajustement et de petits dérapages. Bon, je nous accorde une parenthèse de deux mois durant lesquels nous étions en camping. Le tout est qu’après, la reprise a été très dure… Nos poubelles sont repassées de 15l par semaine à 30l par semaine, voir plus quand il me prend l’envie de faire du tri et du rangement, ce qui m’arrive fréquemment ces derniers temps… Lubie de grossesse ou simple envie d’améliorer d’avantage encore notre petit nid? La réponse après la naissance du baby’pottam en mai 2017… 😉 En tout cas, ce qui est certain, c’est que le « decluttering » est un véritable bienfait pour l’esprit 🙂 Au total, ce sont déjà 2 caisses de vêtement à donner ou à vendre qui attendent au grenier le prochain vide-dressing 🙂  Idem avec de vieux jeux vidéos et quelques bouquins que j’avais détesté durant ma scolarité, qui ont trouvé preneur dans des magasins de seconde main. Et mes syllabi d’université sont quant à eux partis au recyclage… La bonne résolution: continuer à trier, à ranger; j’envisage aussi d’acheter le second livre de Marie Kondo « Ranger: l’étincelle du bonheur« . J’avais déjà beaucoup apprécié le premier « La magie du rangement« , même si le style est un peu redondant et que l’auteur a parfois sérieusement l’air d’avoir besoin d’un psychiatre…. Je dois dire que j’apprécie ce sentiment de légèreté et de sérénité quand je trie mes affaires  pour ne garder que ce qui m’apporte réellement un certain bien-être. J’envisage aussi de lire « L’art de la simplicité » de Dominique Loreau, dans le même esprit… et surtout d’appliquer d’avantage encore ces méthodes à ma vie et à notre foyer 🙂 En espérant contaminer un peu Papa’pottam qui est un Graaaaaaaaannnnd conservateur ^^

Niveau courses familiales, j’avoue que le bilan de la fin 2016 est un peu tristounet… Pendant les travaux, la cuisine étant démontée, mes tupperwares étaient dans des cartons et j’ai oublié mes bonnes habitudes. Ce qui était avant un réflexe est quasi oublié à chaque coup… Pourtant, nous avons trouvé un super petit boucher artisanal (si,si, ca existe encore… Et je peux vous jurer qu’il ferait virer sa cuti a un végétarien convaincu! ) dans le village à coté, qui apprécie notre démarche et l’encourage en nous offrant des petits extras… Pour ne rien gâcher, il est charmant, ses produits sont élaborés en collaboration avec des producteurs locaux et ses prix restent très respectables.
Puis ce sont les travaux dans Namur qui rendent le parking impossible qui m’ont fait abandonner le marché hebdomadaire… Résultat, un budget courses qui explose à nouveau, et des poubelles qui débordent… Résolution 2017: reprendre les bonnes habitudes: tupperwares, bocaux, sacs à vrac et commerces locaux! Entre notre boucher, le fromager, la ferme de la Tour et le moulin Baré, nos courses hebdomadaires sont quasi-assurées. Pour quelques produits, le supermarché bio nous permet de trouver des alternatives satisfaisantes qui conviennent à nos valeurs et aux allergies de peti’potam. Reste que j’aimerais vraiment éliminer la case supermarché pour de bon en 2017… Je rêve de trouver un magasin en vrac et une ferme où acheter les rares produits laitiers que nous consommons encore (en fait surtout le lait de vache dont Papa’Potam raffole… ). J’ai prévu de ressortir la machine à coudre et de me confectionner plusieurs sacs à vrac supplémentaires ( à base de vieux draps recyclés), en même temps que des serviettes hygiéniques lavables (j’ai la cup depuis plusieurs années, mais en prévision de l’accouchement, les SHL ne seront pas de trop), des sacs cirés pour conserver le pain et pour permettre à Papa’potam d’emmener son casse-croûte au boulot en mode zéro déchet, tout en restant stylé… Et pour aller plus loin, 2 bouquins sur ma PAL (Pile à Lire): « Zéro déchet » de Béa Johnson et « Famille zéro déchets: ze guide« . Aussi, dans la lignée poubelles au régime, je vais confectionner des culottes d’apprentissage lavables et des culottes de protection en laine à Peti’Potam et essayer d’éviter au maximum les couches jetables. Parce que ca, ca fait vite gonfler les poubelles… Pour Baby’Potam, je voudrais faire du 100% lavable, nuit comprises. Outre une belle économie de poubelle, ca fera aussi une belle économie pour notre portefeuille 🙂

D’ailleurs, en parlant de Baby’Potam et d’écologie, nous avons constitué la liste de naissance un peu hors réseaux traditionnels puisque nous avons choisi de la faire sur Sebio.be. D’une part parce que ce sont des produits écologiques, mais aussi pour des raisons éthiques: c’est une entreprise belge qui favorise elle-aussi les entreprises belges et européennes (je pense aux marques comme Neobulle, BelleBulle, Herbalgem, Tots Bots…) et qui a une politique stricte en matière d’emballages (100% recyclable!). Et sur cette liste, principalement des couches lavables, une nouvelle écharpe de portage (j’avais une babylonia mais qui ne me convient absolument pas car elle se détend complètement quand on porte un bébé de plus de 5 ou 6 kg), des produits écologiques pour les soins de bébé, des jeux en bois… Evidemment, comme pour Peti’Potam, allaitement maternel exclusif et DME quand il sera prêt, mais cela fera l’objet d’un autre article… 😉

Dans la même veine, 2017 marquera l’amorce de 2 gros changements progressifs: Une maison sans plastique et une maison toujours plus éconologique! Pour le plastique, tout objet plastique qui vient a se casser à partir de 2017 sera remplacé par un objet similaire mais dans un matériel durable et non polluant (verre, tissu, bois, inox… ). En ce qui concerne le deuxième point, il s’agit de quelques adaptations progressives pour continuer sur notre lancée: améliorer l’isolation, passage au LED partout, ajout d’un poêle au bois ou au charbon dans la cuisine qui puisse aussi servir pour mijoter les plats en hiver, ajout de multiprises coupe-circuit partout ou c’est possible, investir dans un système de récupération de l’eau pluie, investir dans un Altered Noozle  pour la cuisine, investir dans des jerricane pour récupérer l’eau du trop plein du boiler et dans des dispositifs pour récupérer l’eau qui coule en attendant que l’eau de la douche soit chaude…

Aussi, en vrac pour 2017, plein d’autres résolutions pour aller plus loin dans notre démarche ou pour reprendre les bonnes habitudes:

  • Confectionner moi-même les vêtements de Peti’Potam et de Baby’Potam en récupérant nos vêtements, repriser ce qui peut l’être, recycler ce qui ne peux pas. Cette année, je n’achète aucun vêtement pour moi! 🙂 Je compte aussi m’améliorer en couture pour pouvoir vraiment tout faire, voire même, si les mini’potam m’en laissent le temps, apprendre à broder 🙂
  • Recommencer à faire ma lessive moi-même et aller plus loin dans la démarche en faisant aussi moi-même le produit pour lave-vaisselle, le liquide vaisselle et le produit pour nettoyer les WC, les seuls qui avaient encore échappés a ma manie du DIY. Et pour rendre cela plus économique et plus écologique, trouver un fournisseur de matières premières en grand contenants ou en vrac
  • Aller plus loin dans la démarche no poo / douche écologique: faire le gel douche à base de savon de Marseille, mais aussi les crèmes, déo, baumes…
  • Grâce à l’aide d’un ami, développer le potager pour être autosuffisants en légumes et en faire des conserves 🙂 J’ai d’ailleurs trouvé aujourd’hui ou me fournir en graines bio, puisque notre supermarché bio vend la marque « Semailles »

Et puis il y a aussi les bonnes résolutions plus personnelles qu’écologiques:

  • reprendre le yoga et la méditation et l’enseigner à Peti’potam et pourquoi pas à Papa’potam
  • Cultiver la positive attitude, râler moins, m’énerver moins, stresser moins… Et pourquoi pas, me mettre à la CNV un peu plus sérieusement 🙂
  • Recommencer le programme fly-lady pour garder ma maison propre et rangée 🙂 (Pour ceux qui ne connaissent pas, cf. le livre de Marla Cilley « Entretien avec mon évier »)
  • Réduire ma consommation de sucre raffiné
  • Réduire mon temps sur Facebook pour lire plus (notamment les livres d’Isabelle Filliozat, Gueguen et Faber et Mazlich) et avoir plus de temps pour moi et mes activités (dessin, écriture, tricot…)
  • Commencer des formations pour devenir conseillère en périnatalité et coach parentale
  • Passer à la liseuse de façon à pouvoir lire même pendant les siestes des mini’potam et à réduire la consommation de papier

Bref, 2017 s’annonce chargée et enthousiasmante, pleine d’apprentissages, de rencontres, de recherches et de bonheur! Je vous en souhaite de même à tous!

 

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48 heures…

Je ne sais pas par où commencer. Les choses sont encore confuses, mais je sais que si je n’écris pas maintenant, je n’écrirais pas.

Depuis déjà plusieurs années, je gère mon cycle avec la symptothermie et la connaissance de mon corps. Beaucoup de gens n’y croient pas, mais en ce qui me concerne, ça marche. Mais ça demande d’apprendre à s’écouter, à connaître les signes, les symptômes…

Le 13 juillet, j’ai remarqué des saignements anormaux. J’ai appelé les urgences. La gynécologue de garde m’a dit que c’était probablement juste un petit dérèglement hormonal et m’a invitée à faire une prise de sang pour exclure une grossesse. Les saignements ont continué et le 23 juillet, j’ai commencé à avoir mal dans le bas du ventre. Je sentais qu’un truc clochait. Lundi, j’ai rappelé la gynécologue de garde qui m’a donné un rendez-vous le jour même. Malheureusement, elle a du partir en accouchement. J’ai donc été aux urgences. La l’infirmier m’a dit que c’était des conneries, que j’étais hypocondriaque et que ce n’était pas d’un gynécologue dont j’avais besoin mais d’un psychiatre. J’ai fini par m’énerver et par dire que je ne partirais pas sans avoir vu un gynécologue. Il m’a ri au nez en me disant que ce n’est pas ainsi que ça marche et que je ne décidais pas.

Une prise de sang plus tard, l’infirmier m’annonce sans aucune précaution que je suis enceinte mais que ce n’est probablement pas une grossesse évolutive et que la gynécologue va me recevoir pour planifier l’intervention pour enlever l’oeuf. avant d’ajouter « vous êtes contente, vous allez la voir la gynécologue  » et de rire. A ce moment, je suis seule aux urgences avec mon bébé de presque 20 mois. Et sous le choc…

Je monte en gynécologie et elle fait une écho. Ce n’est pas très révélateur, vu que c’est pris très tôt. Elle n’exclut pas une grossesse normale, ou une fausse couche. Mais le plus probable reste la grossesse extra-utérine… Papa pottam arrive. Elle nous explique la procédure et nos options. Mais dans tous les cas, ça passe par 48 heures d’attente et une nouvelle prise de sang. 48 heures interminables d’appréhension, mais aussi d’espoir.

48 heures plus tard, le verdict tombe. Il faut agir vite. Tout va si vite que nous avons à peine le temps de réaliser. La chirurgie augmentant les risques ultérieurs de grossesse extra-uterine et / ou réduisant nos chances de concevoir un enfant, nous optons pour l’injection de methotrexate, un anticancéreux qui empêche la mitose cellulaire. 12h50, une infirmière me fait l’injection tandis que bébé pottam et papa pottam sont dans la salle de jeux en pédiatrie… Je m’effondre.

Je suis encore choquée par tout cela. Plus encore par cet infirmier présomptueux et son comportement si hautain et inadéquat. Mais aussi reconnaissante d’avoir rencontré une médecin à l’écoute de ses patients, qui prends les « impressions » au sérieux.

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